À bout de souffle!

Tel Belmondo dans le chef d’oeuvre de Jean-Luc Godard, la JDA nous a proposé hier soir, en inauguration de la nouvelle saison à domicile, un scénario des plus surprenants! Apathiques pendant plus de 20 minutes, les hommes de Jean-Louis Borg ont réussi le véritable exploit de faire tomber Le Mans.

Dès le premier match à domicile, la philosophie guerrière de maître Borg a été mise en valeur. Combien d’équipes auraient eu le mental nécessaire pour revenir du fin fond des abysses de la sorte? Vraisemblablement peu…

Un match compliqué

 

Le scénario n’était pourtant pas idéal, les dijonnais, même s’ils ont tenus tête à leurs visiteurs pendant un quart temps, montraient des signes alarmants de fébrilité. Peu adroit, pas suffisamment concentrés en défense, ils prenaient même rapidement l’eau et pointaient à 17 longueurs à la mi-temps.

Erving Walker, le sauveur! Source: DIJON-SPORTnews.fr

Erving Walker, le sauveur!
Source: DIJON-SPORTnews.fr

Malgré un bon départ, Andre Harris pédalait dans la semoule. Il termine d’ailleurs avec un pourcentage intolérable par rapport à son statut (25% à 4/16). Les extérieurs n’étaient pas plus en réussite et la JDA semblait promise à une lourde défaite dans son antre, devant un public pourtant présent pour donner de la voix, même s’il restait encore de trop nombreux sièges vides…

Mais c’est à ce moment, alors qu’on les pensait au fond du trou, que les joueurs dijonnais, sûrement bien remontés par Borg, ont sonné la « révolte » (dixit l’entraîneur côte d’orien). Un timing parfait puisque l’on aurait pu croire que l’arbitrage amateur les aurait poussé à baisser les bras.

Mais même pas! Grâce à un Antoine Mendy (7pts, 6rbds, 14éval) encore très présent et volontaire, un Erving Walker (28pts à 10/16, 3pds pour 23éval) qui a dors et déjà montré au public qu’il serait essentiel dans des matchs comme ceux-là, mais aussi grâce à la hargne collective, la JDA a entamée une incroyable remontée! 25-7, voilà le score invraisemblable du dernier quart-temps en faveur des hôtes. Une performance de haut vol qui a donné au public dijonnais ses premiers frissons de la saison.

Exceptionnels, incroyables, surprenants… Les qualificatifs sont nombreux pour parler de la prestation de l’équipe en fin de match! Tous les joueurs y sont allé de leur petit coup de pouce, de Aldo Curti, très agréable à voir évoluer dans les systèmes dijonnais hier soir, à Steven Gray (malheureusement sorti pour 5 fautes), en passant par Olivier Yao-Delon qui a bien saisi l’opportunité que lui a offert Borg.

 

Un match pilier?

 

Jean-Louis Borg a exulté après la victoire d'hier.

Jean-Louis Borg a exulté après la victoire d’hier.

Avec un tel scénario mais surtout un tel dénouement, on peut dors et déjà envisager que ce match face référence et qu’il forge une identité d’équipe. Car c’est avec ce genre de match qu’on crée une véritable alchimie. C’est dans l’abnégation que se forgent les collectifs, et Borg apparaît comme un parfait initiateur de ce genre de processus. Bien entendu, le chemin reste long à parcourir, mais nous sommes déjà fixés, cette équipe est remplie de guerriers, qui ne baissent pas les bras et qui sont capables de puiser dans leurs ressources mentales, au plus profond d’eux même, pour se donner les moyens de revenir.

Pour autant, certaines questions subsistent. Le cas Harris notamment, méconnaissable depuis la reprise. Auréolé d’un contrat juteux, l’intérieur américain accède à un nouveau statut, et il doit rapidement prendre en compte cela pour enfin devenir le leader (ou l’un des leaders) de cette équipe. Néanmoins, Harris a été décisif hier soir, notamment grâce à un rebond autoritaire qui a privé les manceaux d’une nouvelle chance de reprendre les commandes. On espère voir Harris adroit et volontaire à l’avenir et il ne fait pas de doute qu’il aura à coeur de faire taire les critiques!

Les pivots n’ont pas été exceptionnels non plus hier soir. Même si Zach Moss (11pts, 5rbds, 14éval) a été important, notamment dans le retour de son équipe, Ferdinand Prenom est passé totalement en travers de son match. Avec 3pts, 4rbds et 4éval, le pivot dijonnais, promis à un bel avenir, n’a pas assumé son nouveau rôle. Il doit se ressaisir pour que la JDA puisse espérer voir plus loin que la simple lutte du maintien.

Malgré un trio arbitral qui n’a clairement pas été à la hauteur, les dijonnais n’ont jamais baissé les bras, signe d’une grand force mentale. MAESTRE / GUEU / THEPENIER, voilà 3 noms qui semblent bannis du Palais des Sports tant l’arbitrage (déjà souvent médiocre dans la ligue) a été pitoyable. Incohérences et incompréhensions semblent avoir été les mots d’ordre du trio. Des décisions pitoyables qui ont mis la JDA dans une situation des plus délicates. C’est d’ailleurs lorsque les arbitres ont enfin retrouvé leurs esprits, que Dijon a été en mesure de revenir à hauteur des joueurs de la Sarthe.

Le public est pourtant habitué aux fautes d’arbitrages (inévitables dans le sport) et aux décisions contestables mais là, c’en était trop. Nombreux ont d’ailleurs été les spectateurs à se lever pour pester contre les décisions de ces 3 amateurs. Néanmoins, si la JDA a été capable de se révolter et de revenir de la sorte, on peut facilement penser que leur motivation est venue de ces trop nombreuses injustices et des coups de sifflets inventifs des arbitres. La question qui se pose alors: doit-on remercier les arbitres d’avoir été aussi pitoyables?

 

L’équipe a provoqué ses premiers cris de joie de la saison, malgré les absences de Alingue et Joseph, et on imagine déjà que ce n’est qu’un début! Espérons-le!

Suite à cette performance, on espère que le Palais des Sports sera à guichets fermés pour la réception, dès samedi prochain, de Lyon-villeurbanne. En espérant le retour des absents, et la bonne forme des cadres. Vu le dénouement de cette soirée, on a hâte de voir évoluer cette équipe au complet et de suivre sa mise en place qui, si elle a bien lieu, pourrait bien refaire du Palais une forteresse imprenable.

 

Go JDA!

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